Publié le 26 août 2026 Mis à jour le 26 août 2026

Polytech Clermont : un tremplin pour une carrière internationale en sciences

Je m’appelle Navya Srivastava. En 2022, j’ai passé un semestre à Polytech Clermont, de janvier à juillet, dans le cadre d’un programme de mobilité internationale de mon établissement d’origine, VIT Vellore, en Inde.
  
Aujourd’hui, je suis assistante de recherche au Laboratoire européen de biologie moléculaire (EMBL) à Rome, au sein de l’unité Épigénétique et Neurobiologie, dans le laboratoire du Dr Cornelius Gross. À partir de juillet, je commencerai un doctorat en neurosciences à la Medical University of Innsbruck, en Autriche.
  
Avec le recul, mon expérience à Polytech Clermont a représenté bien plus qu’une simple mobilité internationale. Elle a constitué le point de départ de mon parcours scientifique et m’a donné la confiance nécessaire pour construire une carrière dans la recherche, au-delà des frontières.

Un premier pas dans la recherche internationale

Avant de rejoindre Polytech Clermont, j’avais une expérience très limitée du travail en laboratoire, notamment en raison de la pandémie de COVID-19. Mon séjour à Clermont-Ferrand m’a immédiatement plongée dans un environnement de recherche pratique et m’a permis de découvrir une nouvelle manière d’aborder la science.
  
Ce que je retiens particulièrement de ma formation à Polytech Clermont, c’est cette forte culture de la recherche expérimentale. Des enseignements approfondis aux projets de recherche financés par le CEFIPRA, j’ai été encouragée à apprendre par la pratique, à expérimenter, à questionner les résultats et à trouver des solutions par moi-même.
  
Mon mémoire de Master, réalisé sous la direction du Dr Cédric Delattre, a constitué une expérience particulièrement déterminante. J’ai travaillé sur la production d’acide polyglucuronique, sa modification en PGU-Ph puis, finalement, sur la formulation d’un bioink totalement inédit destiné à la bio-impression 3D.
  
C’était la première fois que je travaillais de manière indépendante au sein d’un laboratoire de recherche international. Au-delà des compétences techniques acquises, cette expérience a profondément renforcé ma confiance en moi et contribué à construire mon identité de jeune scientifique.

De Clermont-Ferrand aux laboratoires du monde entier

Mon expérience à Polytech Clermont a éveillé mon intérêt pour la recherche académique. Depuis, j’ai activement recherché des opportunités dans différents laboratoires à travers le monde, notamment au Canada, en Autriche et en Italie.
   
Aujourd’hui, je travaille à l’EMBL de Rome, dans le laboratoire du Dr Cornelius Gross. Mes recherches portent sur la manière dont les expériences sociales négatives affectent l’hypothalamus et peuvent entraîner, chez la souris, des modifications durables du comportement social.
  
À travers ces travaux, je contribue à la recherche préclinique sur les mécanismes impliqués dans les troubles de l’humeur. J’utilise notamment des techniques de pointe en neurosciences, telles que l’imagerie calcique, les chirurgies stéréotaxiques et l’analyse comportementale à l’aide de DeepLabCut, afin d’étudier les effets du stress social sur les circuits hypothalamiques.
  
À long terme, mon ambition est de devenir neuroscientifique et d’étudier la manière dont nos expériences transforment notre mémoire et influencent nos comportements émotionnels. Je souhaite notamment comprendre comment notre environnement peut modifier les circuits neuronaux, comment ces changements se manifestent sur le plan comportemental et ce qu’ils peuvent nous apprendre sur les troubles neuropsychiatriques.
 
À terme, j’aimerais contribuer à une recherche translationnelle susceptible de faire émerger de nouvelles approches en santé mentale et d’améliorer le bien-être des populations.

Des compétences qui nous accompagnent au-delà des frontières

Mon expérience à Polytech Clermont m’a permis d’acquérir de nombreuses compétences qui me sont encore utiles aujourd’hui.
  
La première est l’autonomie expérimentale. C’est à Polytech que j’ai appris pour la première fois à concevoir des expériences, à identifier les problèmes et à trouver des solutions face aux résultats inattendus.
  
J’y ai également développé ma résilience et ma capacité d’adaptation. Travailler sur un projet complexe de synthèse de polymères lorsque l’on débute dans la recherche implique nécessairement des échecs et des difficultés. Apprendre à persévérer, à analyser ce qui n’a pas fonctionné et à trouver des solutions créatives est une compétence qui m’accompagne encore aujourd’hui dans mon travail de recherche.
  
J’ai également développé une véritable expérience de la collaboration internationale. En tant qu’ambassadrice de Polytech auprès de VIT, j’ai eu l’occasion de représenter l’école et de contribuer à renforcer les liens entre les deux établissements.
  
Ces expériences m’ont appris que la recherche scientifique ne repose pas uniquement sur des compétences techniques. Elle nécessite également de la curiosité, de la flexibilité, de la communication et la capacité à travailler avec des personnes issues de cultures et d’horizons différents.


Une expérience internationale qui a ouvert de nouvelles portes

Polytech Clermont a constitué le point de départ de mon parcours scientifique international.
  
Le programme d’échange m’a permis d’accéder à une formation de haut niveau en recherche et, fait assez rare pour une étudiante de niveau undergraduate, de réaliser un mémoire de Master complet à l’étranger. La réussite de ce projet m’a ensuite permis d’obtenir une première publication en tant que première auteure, de bénéficier de lettres de recommandation solides et, surtout, d’acquérir la confiance nécessaire pour candidater à des opportunités internationales de plus en plus compétitives.
  
J’ai ainsi pu participer à des programmes tels que Mitacs Globalink et ISTernship, avant de poursuivre mon parcours dans des postes de recherche en Autriche et en Italie.
  
Mais surtout, Polytech Clermont m’a montré que j’étais capable de m’épanouir dans un environnement de recherche international. Cette expérience a changé la manière dont je percevais mon propre potentiel et m’a donné les bases sur lesquelles j’ai construit mon parcours depuis.

Une recherche au service d’une société plus saine et plus durable

Mes recherches actuelles ne sont pas directement liées aux enjeux environnementaux ou à la transition énergétique. Je suis néanmoins convaincue que la recherche scientifique peut contribuer au développement durable de nombreuses façons.
  
En étudiant la manière dont le cerveau réagit au stress et aux expériences sociales, mes travaux contribuent à une meilleure compréhension de la santé mentale. Améliorer nos connaissances sur le fonctionnement du cerveau et les troubles neuropsychiatriques peut, à terme, contribuer au développement de nouvelles interventions et à la réduction du poids des maladies mentales sur la société, tout en favorisant des communautés plus saines et plus résilientes.
  
La notion de durabilité s’exprime également de manière plus concrète au sein du laboratoire. La rigueur expérimentale, la reproductibilité et la gestion responsable des ressources sont essentielles à une pratique scientifique de qualité. Dans le domaine de la recherche animale, cela implique notamment de concevoir soigneusement les expériences, d’optimiser les protocoles et de limiter autant que possible le nombre d’animaux utilisés.

Se tourner vers l’avenir

Mon objectif est de poursuivre mes recherches sur les liens entre expérience, mémoire et comportements émotionnels.
   
Je souhaite comprendre comment les environnements auxquels nous sommes exposés peuvent modifier notre cerveau, comment ces changements influencent notre comportement et dans quelle mesure ils peuvent contribuer au développement de troubles neuropsychiatriques. À travers mon futur doctorat et la suite de mon parcours, j’aimerais développer des recherches à la croisée des neurosciences fondamentales et de leurs applications potentielles en santé mentale.
  
Mon expérience à Polytech Clermont m’a appris qu’une carrière internationale peut commencer par une seule opportunité — à condition d’oser la saisir.

Un message aux futurs étudiants internationaux

Aux étudiants de Polytech Clermont qui envisagent une carrière internationale, mon conseil est simple : ne laissez pas le doute vous freiner.
  

Une expérience à l’étranger peut sembler intimidante avant de franchir le pas. On peut se demander si l’on parviendra à s’intégrer, à s’adapter à un nouveau système universitaire ou à relever les défis qui nous attendent.
  
Ces craintes sont parfaitement naturelles. Mais l’essentiel est de décider d’avancer malgré tout.
  
Au cours de ces dernières années passées à l’étranger, j’ai compris que la volonté d’apprendre peut nous mener plus loin que l’intelligence seule. Être curieux, rester ouvert d’esprit et accepter de s’adapter peut faire toute la différence.
  
Mon expérience à Polytech Clermont a été transformatrice, enrichissante et véritablement fondatrice pour mon parcours scientifique. Elle m’a permis d’acquérir une expérience concrète de la recherche, de développer ma résilience et ma capacité d’adaptation, et surtout, de gagner la confiance nécessaire pour saisir des opportunités à travers le monde.
  
Plus que tout, elle m’a appris qu’oser sortir de ce qui nous est familier peut ouvrir des portes que nous n’aurions jamais imaginé franchir.

  
Voir l'interview vidéo ici