Publié le 4 mai 2026 Mis à jour le 4 mai 2026
Le navire Océanographique L’ATALANTE, avec le sous-marin autonome ULYX, lors de la campagne NODSSUM 2025 © IFREMER
Le navire Océanographique L’ATALANTE, avec le sous-marin autonome ULYX, lors de la campagne NODSSUM 2025 © IFREMER

Polytech Clermont s’inscrit au cœur d’un projet scientifique international d’envergure : la mission NODSSUM. Objectif : cartographier et analyser des fûts de déchets radioactifs immergés dans l’Atlantique Nord, afin de mieux comprendre leur impact sur l’environnement et les écosystèmes marins.

Explorer les fonds marins pour répondre à un enjeu majeur

Entre les années 1950 et 1980, des centaines de milliers de conteneurs de déchets radioactifs ont été immergés dans les profondeurs de l’Atlantique Nord-Est. Aujourd’hui, leur état de dégradation et leur impact radiologique restent encore largement méconnus.

La mission NODSSUM (Nuclear Ocean Dump Site Survey Monitoring) vise à combler ce manque de connaissances grâce à deux campagnes océanographiques d’un mois. La première s’est tenue en 2025, tandis que la seconde débutera fin mai 2026.

Au sein de ce projet : Jonathan LAO, un enseignant-chercheur de Polytech Clermont contribue à la radioprotection et aux mesures de radioactivité. Son rôle : analyser, dès leur remontée à bord, des échantillons d’eau, de sédiments et d’organismes marins prélevés à proximité des fûts, afin d’en évaluer les niveaux de radioactivité.

  
Des technologies de pointe pour explorer les abysses

Accéder à ces sites situés à près de 5 000 mètres de profondeur nécessite des technologies de très haut niveau.

Lors de la campagne 2025, les chercheurs ont utilisé le sous-marin autonome ULYX, équipé d’un sonar haute résolution capable de cartographier de vastes zones avec une précision de quelques centimètres. Cette technologie a permis de cartographier 165 km² de fonds marins et d’identifier plusieurs milliers de fûts, tout en documentant leur état et leur environnement.

La prochaine campagne mobilisera le sous-marin habité NAUTILE, permettant des observations directes et des prélèvements au plus près des fûts.

  
Une collaboration scientifique internationale

Le projet NODSSUM s’appuie sur une coopération multidisciplinaire et internationale, réunissant :

  • des organismes de recherche majeurs comme le CNRS, l’IFREMER ou l’IN2P3
  • des laboratoires académiques français et internationaux
  • des acteurs opérationnels spécialisés dans les environnements marins profonds
  • des institutions impliquées dans la radioprotection

Polytech Clermont y contribue à travers le Laboratoire de Physique de Clermont Auvergne (LPCA), avec la participation d’enseignants-chercheurs, d’un doctorant et d’étudiants ingénieurs en Génie Physique.

  
Former des ingénieurs au croisement des disciplines

Ce projet illustre pleinement l’approche pédagogique de Polytech Clermont : former des ingénieurs capables d’évoluer à l’interface de plusieurs domaines scientifiques.

Physique, chimie, biologie, instrumentation, traitement de données complexes ou encore enjeux environnementaux : NODSSUM mobilise des compétences variées, en lien direct avec les formations de l’école.

Deux étudiants en Génie Physique ont d’ailleurs contribué au projet à travers des travaux bibliographiques sur l’historique des sites d’immersion, participant ainsi à la préparation scientifique des campagnes.

  
Un double enjeu : scientifique et sociétal

Les objectifs de la mission sont multiples :

  • Scientifiques : mieux comprendre le comportement des radionucléides en milieu océanique profond, leur interaction avec les écosystèmes et combler un déficit important de données sur ces zones encore peu explorées
  • Environnementaux et sociétaux : fournir des données fiables aux autorités pour évaluer les risques et garantir la transparence auprès des citoyens et des professionnels concernés

Cette recherche contribue également à une meilleure connaissance des fonds marins, dont moins de 10 % ont été cartographiés avec des technologies modernes.

  
Des perspectives à l’échelle mondiale

Les sites d’immersion de déchets radioactifs ne se limitent pas à l’Atlantique Nord : on en trouve également en mer du Nord, en Arctique et dans le Pacifique.

Les méthodes développées dans le cadre de NODSSUM ont vocation à être réutilisées sur d’autres sites, mais aussi dans d’autres environnements extrêmes, comme les cheminées hydrothermales ou les zones riches en nodules polymétalliques.

   
Prochaine étape : la campagne 2026

La seconde campagne océanographique se déroulera du 27 mai au 29 juin 2026, à 1 600 km des côtes françaises.

Au programme : une vingtaine de plongées avec le sous-marin NAUTILE, permettant des observations inédites des grands fonds marins. Une expérience exceptionnelle pour les chercheurs impliqués, qui rejoindront le cercle très restreint des explorateurs des abysses.

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