Une route capable de recharger les véhicules électriques : Polytech Clermont développe la mobilité de demain
Comment recharger un véhicule électrique sans câble, sans borne et même… en roulant ? C’est le défi relevé par les équipes de recherche de Polytech Clermont à travers un projet innovant de transfert d’énergie sans contact par résonance magnétique. Soutenu par plusieurs partenaires institutionnels et industriels, ce projet ambitionne de développer une infrastructure routière intelligente capable d’alimenter ou de recharger des véhicules électriques aussi bien à l’arrêt qu’en mouvement.
Une technologie de recharge intégrée à la route
Le principe repose sur un système de transfert d’énergie électrique sans fil. Des boucles émettrices intégrées dans la chaussée génèrent un champ magnétique grâce à des dispositifs d’électronique de puissance. Un récepteur installé sous le véhicule capte ensuite cette énergie afin de la convertir en courant électrique.
Cette technologie permettrait de recharger un véhicule lorsqu’il stationne, mais également lors de déplacements à faible vitesse, par exemple à proximité des carrefours, des arrêts de transports en commun ou des péages.
L’énergie récupérée peut alimenter directement le véhicule et/ou être stockée dans une batterie ou un supercondensateur.
Une recherche collaborative au service des mobilités durables
Le projet mobilise plusieurs enseignants-chercheurs de Polytech Clermont aux expertises complémentaires :
- Pierre Breul pour la partie infrastructure routière ;
- Khalil El Khamlichi Drissi sur l’électronique de puissance et les stratégies de commande ;
- Christophe Pasquier sur la modélisation des inducteurs et les convertisseurs ;
- Roland Chapuis sur l’autonomie et le positionnement des véhicules.
Deux doctorants participent également aux travaux :
- Ahmad Ramadan, sujet de thèse intitulé « Transfert de puissance dynamique par résonance magnétique à fort couplage pour véhicules électriques en mouvement »
- Juba Hammiche, sujet de thèse intitulé « Chaîne de traction sans contact pour la mobilité électrique »
L’équipe est complétée par Mourougen Marimoutou, ingénieur de recherche, chargé de développement technologique du démonstrateur.
Un projet soutenu par des partenaires publics et industriels
Le projet bénéficie d’un financement du Fonds européen de développement régional (FEDER) à hauteur de 900 000 euros.
La Clermont Auvergne Métropole finance notamment la thèse d’Ahmad Ramadan. Plusieurs partenaires industriels accompagnent également le projet, parmi lesquels VINCI Energies et VINCI Construction.
Le Syndicat Mixte des Transports en Commun de l’Agglomération Clermontoise participe également au projet en tant qu’autorité organisatrice de la mobilité.
Réduire la taille des batteries et faciliter l’usage des véhicules électriques
Au-delà de l’innovation technologique, ce projet répond à plusieurs enjeux majeurs de la mobilité électrique.
En permettant des recharges régulières directement sur le trajet, cette technologie pourrait réduire la taille des batteries embarquées, et donc leur coût ainsi que les besoins en terres rares.
Elle apporterait également davantage de confort et de sécurité aux utilisateurs, en supprimant la manipulation des câbles des bornes de recharge.
Pour les chercheurs de Polytech Clermont, cette solution fait partie des pistes à explorer pour construire des mobilités plus durables et adaptées aux usages de demain.
Des premiers tests prévus en 2027
Les équipes travaillent actuellement sur la logique de commande des convertisseurs de puissance afin d’optimiser le transfert énergétique.
La prochaine étape consistera à définir l’implantation des bobines dans la chaussée. Des travaux d’installation sur les parkings de Polytech Clermont sont déjà envisagés pour fin 2026.
Les premiers essais du démonstrateur pourraient avoir lieu dès 2027.
Une synergie avec le projet SAPIMAC
Ce projet s’inscrit également en complémentarité avec le projet SAPIMAC, développé au sein de l’école.
SAPIMAC prévoit la construction d’ombrières en sapin blanc équipées de panneaux photovoltaïques sur le parking de Polytech Clermont. L’électricité produite pourrait ainsi alimenter directement les démonstrateurs de recharge sans contact développés dans le cadre de ce programme de recherche.