BioUpp : transformer le CO₂ en biométhane grâce à l’innovation biologique
Comment valoriser davantage le CO2 issu de la méthanisation tout en contribuant à la transition énergétique ?
C’est le défi relevé par BioUpp, une startup deeptech cofondée par Pierre Fontanille, professeur à Polytech Clermont et chercheur à l’Institut Pascal. Lauréat du concours national d’innovation i-Lab 2024, ce projet ambitieux s’appuie sur plusieurs années de recherche menées au sein de l’école et de son laboratoire partenaire pour développer une technologie innovante de production de biométhane renouvelable.
Une innovation au service de la transition énergétique
Professeur au département Génie Biologique de Polytech Clermont et chercheur à l’Institut Pascal (UMR CNRS 6602), Pierre Fontanille consacre ses travaux aux procédés biologiques appliqués à la transition énergétique et à la valorisation de la biomasse.
Après avoir créé en 2016 la société BIO-VALO, spécialisée dans les procédés de méthanisation et la valorisation de la biomasse, il cofonde fin 2024 la startup BioUpp aux côtés de Nadia Auclair, Jean-Sébastien Guez et Christophe Vial.
L’objectif de BioUpp est de développer des solutions permettant de convertir le dioxyde de carbone (CO2) issu des unités de méthanisation en biométhane renouvelable. Pour cela, la technologie associe le CO2 à de l’hydrogène vert afin de produire un gaz injectable dans les réseaux existants. Une solution qui répond aux enjeux actuels de décarbonation, de stockage des énergies renouvelables et de souveraineté énergétique.
Cette innovation a été récompensée en 2024 par le prestigieux concours national d’innovation i-Lab, porté par l’État français.
Une technologie issue de six années de recherche
La technologie développée par BioUpp repose sur l’utilisation de micro-organismes capables de transformer naturellement le CO2 et l’hydrogène en méthane.
Cette conversion s’effectue au sein de bioréacteurs spécialement conçus pour optimiser les performances biologiques et les transferts entre les phases gazeuses et liquides. Les travaux menés à l’Institut Pascal mobilisent des compétences complémentaires en microbiologie, génie des procédés, énergétique, hydrodynamique, instrumentation et modélisation.
Afin de rapprocher la recherche des applications industrielles, plusieurs pilotes expérimentaux ont été développés pour tester le procédé dans des conditions proches du terrain.
Des étudiants et diplômés de Polytech Clermont au cœur du projet
Le projet mobilise de nombreux enseignants-chercheurs, doctorants, stagiaires et élèves ingénieurs de Polytech Clermont.
Cette dynamique se retrouve également dans les entreprises créées autour de ces travaux de recherche. Sur les huit salariés de BIO-VALO, cinq sont diplômés de Polytech Clermont. Au sein de BioUpp, un docteur issu de l’écosystème de l’école, un ancien étudiant de master ainsi qu’un doctorant CIFRE participent déjà au développement de la technologie, tandis qu’un recrutement de post-doctorant est prévu prochainement.
Cette implication illustre la capacité de l’école à former des ingénieurs et chercheurs capables de contribuer directement aux innovations de demain.
Un projet soutenu par un écosystème territorial fort
Pour accélérer son développement, BioUpp s’appuie sur de nombreux partenaires académiques, institutionnels et industriels.
Parmi eux figurent notamment la Région Auvergne-Rhône-Alpes, le Crédit Agricole Centre France, Bpifrance, l’Université Clermont Auvergne, Clermont Auvergne INP et Polytech Clermont.
Ces collaborations permettent de confronter les résultats scientifiques aux réalités industrielles tout en favorisant le transfert de technologies vers des applications concrètes au service des territoires.
Des bénéfices environnementaux majeurs
La technologie développée par BioUpp vise à améliorer la valorisation du CO2 produit par les unités de méthanisation existantes tout en augmentant leur production de gaz renouvelable.
Les bénéfices attendus sont nombreux :
- Réduction des émissions de CO2 ;
- Valorisation des déchets organiques ;
- Amélioration du stockage des énergies renouvelables ;
- Production locale d’énergie renouvelable ;
- Renforcement de l’autonomie énergétique des territoires.
À plus long terme, ces solutions pourraient contribuer au développement d’une économie plus circulaire et durable.
Une illustration concrète du lien entre formation, recherche et innovation
Pour Polytech Clermont, BioUpp représente un exemple particulièrement significatif de la complémentarité entre enseignement, recherche et entrepreneuriat.
Le projet permet de développer des recherches à fort impact sociétal tout en offrant aux étudiants des opportunités de participation à des projets innovants et professionnalisants. Il contribue également au rayonnement scientifique et industriel du territoire en renforçant les collaborations entre laboratoires, écoles d’ingénieurs et entreprises.
Vers une industrialisation de la technologie
L’ambition de BioUpp est désormais de déployer sa technologie à grande échelle.
Les équipes poursuivent actuellement le développement de pilotes industriels ainsi que de nouvelles collaborations avec des acteurs du secteur énergétique afin de valider les performances du procédé dans des conditions représentatives des futures installations.
Parallèlement, plusieurs projets de recherche et publications scientifiques sont en cours autour de la biométhanation et des technologies Power-to-Gas.
Pour accompagner cette phase de croissance, la startup finalise actuellement sa première levée de fonds. Aux côtés d’investisseurs institutionnels et privés, BioUpp a également choisi d’ouvrir son capital aux particuliers via une plateforme d’investissement participatif, permettant à chacun de soutenir le développement de solutions innovantes pour la transition énergétique.
Former les ingénieurs de demain
Au-delà des avancées technologiques, Pierre Fontanille souligne également l’importance de former les futurs ingénieurs aux grands défis énergétiques et environnementaux.
« Les ingénieurs joueront un rôle essentiel dans la transformation des systèmes énergétiques et industriels. Les enjeux climatiques nécessitent des approches interdisciplinaires capables de combiner innovation technologique, compréhension scientifique et contraintes industrielles. »
Un message qu’il adresse également aux étudiants de Polytech Clermont :
« N’hésitez pas à vous investir dans des projets de recherche et d’innovation. Ce sont des expériences extrêmement enrichissantes qui permettent de développer à la fois des compétences scientifiques, techniques et humaines, tout en ayant un impact concret sur la société. »